Il y avait plus de 30 personnes, à l’invitation de Vie féminine et du lieu culturel Le Vecteur, ce mardi 14 mars dans l’agréable bibliothèque Le Rayon, pour écouter et discuter l’intervention de Camille Wernaers, journaliste pour le bimensuel AXELLE, sur la question de « La présence des femmes dans les médias ». Et cela dans le cadre du programme « Femmes de Mars ».

Axelle est un journal indépendant, émanant du large mouvement Vie Féminine mais volant de ses propres ailes depuis 25 ans. Camille Waerens, qui a rejoint cette équipe après avoir quitté sans regret plusieurs expériences de journaliste des médias mainstream, est bien placée pour présenter des constats et des réflexions interpellantes sur l’évolution des médias. 

La présence des femmes dans les sujets des médias est en recul ces deux dernières années ! (Constat de l’AJP, association des journalistes professionnels). Cela tient notamment à des pratiques constantes de ces médias qui : engagent trop peu de journalistes femmes, les limitent à des rubriques de moindre enjeu (que la politique, l’économie, chasses gardées des hommes), et les y cloisonnent sans perspective de carrière ou de mutation. Il y a quelques exceptions (éditorialiste en chef) qui confirment la règle. Signalons qu’il n’y a que 30 % de femmes dans les médias francophones belges, alors que la parité est quasiment atteinte dans le milieu français. Et que les étudiantes sont plus nombreuses que les étudiants dans nos écoles de journalisme !

La tendance est la même du côté des « experts » invités, où les hommes sont trop nombreux, toujours ouverts à accepter une invitation à s’exprimer, parfois même en dehors de leur champ de compétence ; pendant que des experts femmes sont moins connues, moins appelées, et parfois même elles-mêmes réticentes à prendre cette position de « pouvoir » où elles seraient pourtant bien plus pertinentes. 

Enfin, il y a la manière de parler des femmes (avec une remarque inévitable sur leur apparence), de les interroger (avec souvent la question de combiner l’expertise avec les tâches familiales, ce qu’on n’opposera pas à un homme), de les considérer comme pertinentes à leur place. Là-dessus, un exemple époustouflant est celui du traitement de la personnalité de Mme Wilmes, première femme au poste de premier ministre, dans une période difficile et provisoire… d’octobre 2019 à octobre 2020. Car elle va se révéler comme une personnalité adéquate pour le rôle et exceptionnelle pour mobiliser autorités et citoyens dans le contexte de la première période de pandémie. La présenter comme « le poulain » de Charles Michel devient un peu ridicule. Mais les habitudes sexistes ne se perdent pas, d’où cette phrase irremplaçable parlant de Mme Wilmes, premier ministre de Belgique en Argentine et au Brésil : « du haut de son 1 mètre 82, elle regarde l’Amérique Latine ». 

Un échange s’ensuit avec plusieurs journalistes présentes, du Soir, de Télésambre, de la RTBF et de Axelle, pour décrire les pratiques sexistes au sein des rédactions, pour refuser un article, pour le réorienter, pour faire pression avant et après. Pratiques qui sont aussi celles de la solidarités entre mâles, pour réfuter toute critique. Échange aussi sur le questionnement déontologique de ces femmes journalistes, pour parler autrement des femmes, trouver les mots qu’il faut, mais aussi pour accompagner durant une petite période une femme victime et «survivante» ayant apporté son témoignage mais devant faire face émotionnellement à la publication et aux réactions des lecteurs. La déontologie journalistique est pour ces femmes journalistes un garant qui leur permet de justifier la respectabilité professionnelle de leur travail malgré leur engagement féministe ou simplement leur volonté d’aborder des thématiques qui ont droit de cité dans les médias, si ils veulent bien faire l’effort. Mais sans doute que les lectrices & lecteurs, les auditrices & auditeurs devraient aussi joindre leur pression citoyenne pour que les choses évoluent… contre cette domination masculine.

On apprend avec stupeur les réflexions que les médias organisent, avec force équipe de consultants payés bien cher, pour « mieux intégrer la diversité dans nos publications », sans que le pouvoir des hommes blancs quinquagénaires sur l’orientation du média ne soit contestable… et sans qu’une personne issue de la « diversité » ne soit représentée, sinon pour les tâches ménagères. 

On ne peut que synthétiser ici un débat qui a tissé des exemples pertinents et fructueux pour toutes les participantes (et quelques participants). La thématique de la présence des femmes dans les médias doit être notre souci.

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